Notre cuisine AFSCA à Bruxelles : un mercredi en production
Par Thomas · 2026-03-26 · Dans les Coulisses

La plupart des abonnés voient Timesty comme une box qui arrive le dimanche après-midi avec leurs repas de la semaine dedans. Derrière cette box, il y a un mercredi qui commence à 5h30 et se termine, dans une bonne semaine, vers 19h. Voici à quoi ressemble une journée de production de l'intérieur, dans notre cuisine d'Auderghem, l'une des 19 communes bruxelloises, et pourquoi la clôture des commandes tombe le mercredi d'avant, pas le jour même.
5h30 : les premières arrivées
Jonathan arrive en cuisine en premier, allume les fours et vérifie les températures de stockage de la veille. La certification AFSCA impose un relevé de température à chaque étape : chambres froides à 4 °C ou moins, congélateurs à -18 °C ou moins, avec relevé manuel au début de chaque service en plus du monitoring continu. Si quelque chose est hors plage, on ne cuisine pas avec. C'est arrivé deux fois sur notre première année ; les deux fois on a remplacé l'ingrédient avant le service.
7h00 : les ingrédients frais arrivent de Mabru
Deux camions reculent jusqu'au quai entre 7h et 7h45 : les légumes de notre grossiste à Mabru, le Marché Matinal de Bruxelles près du canal à Laeken, plus la viande et le poisson de deux fournisseurs avec qui on travaille depuis le lancement. Chaque livraison est pesée, contrôlée contre la commande, et une sonde de température entre dans un article par cageot. Si quelque chose ne va pas, le fournisseur revient le récupérer le matin même. On n'accepte pas pour se plaindre ensuite ; on refuse au quai. Quels plats ces cageots nourrissent a été décidé des semaines plus tôt — on l'explique dans comment on décide du menu chaque semaine.
Ce que l'AFSCA contrôle vraiment L'agence fédérale belge (AFSCA / FAVV) inspecte sans prévenir, généralement annuellement pour les cuisines de notre taille. Elle examine la traçabilité fournisseurs, les registres de lots, la séparation des allergènes, la formation hygiène, et la chaîne du froid de bout en bout. Le critère n'est pas « cuisine propre » ; c'est « pouvoir prouver le cycle de vie de chaque assiette servie ». La paperasse est la moitié peu glamour du métier. On la traite comme partie intégrante de la cuisson, pas séparément.
8h30 : la mise en place
Brice dirige la mise en place. Chaque plat de la semaine a une fiche technique écrite : grammages, temps de cuisson, dressage. La matinée, c'est lavage, épluchage, pesée et précoupe. Les quantités globales ont été calculées à partir des commandes verrouillées le mardi soir, donc on sait précisément combien de kilos de carottes, combien de portions de poisson, combien de wraps assembler. Surproduire, c'est perdre ; sous-produire, c'est rupture. On vise moins de 2% de surplus.
11h00 : la cuisson commence vraiment
Le travail du matin transforme la cuisson en chaîne de montage, et c'est exactement ce qu'on veut. Deux fours qui tournent, trois zones d'induction, la cellule de refroidissement rapide qui cycle. Chaque plat passe par cuisson → refroidissement rapide → portionnement → étiquetage → stockage à froid, en sens unique dans la cuisine. On ne ramène jamais d'aliments chauds à travers un poste propre. Le flux est conçu pour rendre la contamination croisée physiquement impossible, pas juste découragée.
14h30 : étiquetage et traçabilité
Chaque barquette qui quitte la cuisine porte un code de lot relié à : le fournisseur de chaque ingrédient, la date et l'heure de cuisson, le chef qui a portionné, l'historique de stockage à froid jusqu'à la livraison. Si un problème surgit, on peut remonter d'une barquette précise à une caisse d'œufs précise. On n'en a jamais eu besoin. On garde le système parce que le jour où on en a besoin n'est pas le jour pour le construire. L'étiquette elle-même — le petit autocollant FR/NL/EN avec allergènes et réchauffage — a connu plus de versions que tout le reste de la box, et fait partie de pourquoi nos boxes ont cette allure.
La cuisine, c'est surtout de la logistique. La plupart des vraies décisions culinaires se sont jouées il y a des semaines, en écrivant le menu. Le mercredi, c'est l'exécution.
Brice, Timesty kitchen
18h00 : fermer, nettoyer, réinitialiser
Tous les plats cuits sont en chambre froide, chaque lot enregistré, chaque surface démontée et nettoyée selon le protocole HACCP. Le nettoyage en profondeur prend environ 75 minutes. Ce coup de collier du mercredi n'est qu'un temps du cycle hebdomadaire jeudi-dimanche : jeudi les lots de portions, vendredi le QA final et la planification du chargement, et dimanche les fourgons se déploient dans les 19 communes entre 14h et 18h. Le seul mercredi de l'année où ce rythme s'arrête, c'est la fermeture d'août — il y a un article à part sur pourquoi Timesty ne livre pas en août. L'abonné voit une box du dimanche. Derrière, 14 heures de travail dont presque personne ne parle. C'est l'échange qu'on fait en contrepartie d'une cuisine de chef qui ne coûte pas 25 € le repas.
La journée du mercredi en un coup d'œil
| Heure | Étape | Pourquoi c'est important |
|---|
| 5h30 | Fours allumés, contrôle chaîne du froid | Un stock hors plage n'est jamais cuisiné |
| 7h00–7h45 | Légumes Mabru + viande/poisson livrés, sondés, pesés | Refusé au quai si quelque chose cloche |
| 8h30 | Mise en place : laver, éplucher, peser, précouper | Quantités fixées mardi soir ; moins de 2% de surplus |
| 11h00 | Cuisson → refroidissement rapide → portion → étiquette | Flux en sens unique bloque la contamination croisée |
| 14h30 | Codes de lot sur chaque barquette | Traçabilité complète jusqu'à une caisse d'œufs |
| 18h00 | Fermeture, nettoyage HACCP de 75 min, reset | Cuisine prête pour les lots du jeudi |
Que signifie réellement la certification AFSCA ?
L'AFSCA (FAVV en néerlandais) est l'agence fédérale belge de sécurité alimentaire. La certification signifie qu'une cuisine peut documenter le cycle de vie complet de chaque assiette : traçabilité fournisseurs, registres de lots, séparation des allergènes, formation hygiène, et une chaîne du froid ininterrompue. Les inspecteurs arrivent sans prévenir, généralement une fois par an pour une cuisine de notre taille.
Où se trouve la cuisine Timesty à Bruxelles ?
À Auderghem, l'une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Les produits frais viennent de Mabru, le marché matinal de gros de la ville à Laeken, avec viande et poisson de deux fournisseurs avec qui on travaille depuis le lancement. Tout y est cuisiné, refroidi et emballé avant la livraison du dimanche.
La nourriture est-elle cuisinée fraîche ou surgelée ?
Cuisinée fraîche. Les plats sont préparés mercredi et jeudi, refroidis rapidement (pas surgelés), gardés en chambre froide et livrés au frais le dimanche entre 14h et 18h. Vous les réchauffez à la maison — c'est prêt à manger, pas un kit repas ni du surgelé.
Pourquoi la clôture des commandes est-elle le mercredi ?
Les commandes ferment le mercredi à 23h59 parce que la cuisine a besoin des chiffres verrouillés pour tout dimensionner : combien de kilos commander à Mabru, combien de portions cuisiner, combien gaspiller le moins possible. On agrège les commandes du mardi soir et on cuisine à ce nombre exact, c'est ainsi qu'on garde le surplus sous 2% et les prix là où ils sont.
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